Mardi soir, la pierre était lourde à porter : retour sur la soirée Kayoux au conseil communal du 18/12

Il est 19h55, la Maison Communale est silencieuse. Géraldine - une de nos porte-parole - est déjà sur place, seule. Les couloirs sont vides et les panneaux de la salle sont fermés.
Avant la grand-messe, échange de vues "existentiel". Kayoux ne sort-il pas de son rôle en intervenant sur des points non traités en assemblée ? Réponse sur le tas : tout dépend de l'angle adopté. Sur des sujets qui touchent à la transparence, à la participation ou qui renvoient de près ou de loin à des décisions prises en assemblée, il y a une fenêtre d'intervention. Mais qu'en pensent précisément les habitants? Ne devrait-on pas les amener à se positionner?
La réflexion s'interrompt avec l'arrivée de Raph, notre deuxième porte-parole, qui porte le projet de motion concernant les arrestations policières de lundi soir en gare d'Ottignies, et règle les points de procédure avec M. Leroy, président du conseil. Cette affaire ne touche-t-elle pas au cœur du projet Kayoux? Après tout, sans libertés civiques, pas de démocratie. Il y a en tout cas de la place pour un débat.

Kayoux se frotte et se pique au chardon de la politique communale …

Le conseil s'ouvre sur cette opération policière. Nous sommes quatre Kayoux dans l'auditoire, au premier rang pour soutenir nos portes-parole. La motion d'urgence déposée par Raph est rejetée par l'ensemble des autres conseillers, sauf une abstention. Signe prémonitoire. Tout au long du conseil, nos portes-parole se retrouveront isolées. Au moment de voter, bien sûr, mais aussi trop souvent suite à nos interventions. Pour l'abstention, circulez, y-a rien à voir, les choses sont claires depuis le début. Et nos portes-parole s'en expliquent au conseil : le chantier des assemblées ne se réalise pas en quelques semaines ; avec le temps, une fois les outils rodés, Kayoux prendra davantage position (plus de détails : (plus de détails : Tiens, tiens, Kayoux s'abstient...)

En ce qui concerne les interventions, c’est une autre affaire. Aucune autre formation n'est intervenue autant de fois que nos 2 Kayoux. Côté pile, on y verra le fruit du travail abattu et la volonté de s’impliquer. Mais « qui trop embrasse peu estreint » et dans de trop nombreux cas, nos prises de parole ont sonné creux, en décalage et dénoté un manque de maîtrise des dossiers. Questionnement : étions-nous toujours bien pertinents ?

Sur le budget, on s’alloue une gommette verte : suggestion de réallouer les 25 000 euros du Cinéscope à des initiatives orientées vers la participation citoyenne en agissant p.ex. sur la programmation des cinémas de quartier. Rappel également des engagements de campagne des différentes formations en matière de participation et invitation à en tenir compte lors de la révision budgétaire de mai prochain. Intervention tout aussi justifiée sur les imprécisions du règlement d'ordre intérieur du conseil communal concernant le report dans le compte rendu de la séance, des interventions orales . 

Mais ailleurs ? Devait-on se saisir de la question des dépassements de budget ? Dans le cadre rigide et très formaliste du conseil communal, devait-on amener la question du Plan Communal de Mobilité (PCM) sur des points très cadrés tels que les questions de places de parking ? Admettons-le : nous avons été hors du coup, parfois hors propos, à plusieurs reprises. Et avons fait quelques sorties de piste aussi, comme notre réaction maladroite et hors mandat à la proposition de motion du groupe OLLN2.0 d’organiser la COP26.

Gros coup de barre également lors de l'intervention relative à la construction de la nouvelle piscine, où les flèches sont venues de tous bords. Pas d'état de grâce pour Kayoux, dont nos élues n'ont pas l'opportunité de pouvoir se reposer sur l'expérience d'un parti usé aux rouages de la politique locale, où de s'enfoncer confortablement dans le silence des novices, faisant leurs classes dans l'ombre de plus anciens qu'eux. Dur à supporter du côté de l'auditoire. Combien plus dur certainement à assumer du côté du conseil. Ce sentiment d'être hors-cadre, certes bien normal lorsqu'on vient bousculer les habitudes et qu'on découvre "de l'intérieur" le fonctionnement des institutions, mais parfois dur à porter.  
Alors voilà, dans les rangs kayoux on est sortis de ce conseil avec l'impression d'avoir été envoyés aux patates, et en tout cas avec des interrogations sur certains aspects de notre ... méthode !

Et un regret. Sur le dossier de la piscine, nous n'avons pas été assez clairs. Ou bien le conseil a mal reçu notre intervention. Il y a eu confusion entre « demande de transparence sur le pourquoi » et « remise en question du projet ». Notre intervention, normalement reprise au PV, se préoccupait en effet exclusivement d'assurer la transparence des délibérations passées et futures et de permettre aux habitants d'encore prendre le train en marche, à l'heure où des choix importants restent à poser.

Et pourtant ...

On peut s’imaginer l’agacement suscité par notre prestation d’hier. Oui, il y eut quelques soupirs, des yeux levés, des mouvements d’impatience. Bon. On n'essaye pas de faire bouger les lignes sans que cela ne perturbe les habitudes ; sans doute nos maladresses nées du manque d'expérience ont-elles transformé chez certains ce dérangement en exaspération. Mais on a également perçu ailleurs des marques d'ouverture. Confiance.

D'autre part, hors du spectacle d’une séance communale se nouent d'autres rapports où les langues se libèrent. Et au hasard des discussions post-conseil, on glane des commentaires qui nous confortent dans l'idée que nous allions dans le bon sens sur certains points, malgré notre impréparation. Revenons sur la nouvelle piscine : n'étions-nous pas fondés à réclamer davantage d'implication citoyenne, alors que le matin-même nous apprenions que le projet était encore au stade où se jouaient les grandes lignes, et qu'à l'issue du conseil certaines personnes impliquées dans le dossier confirmaient la marge de progression existante en matière de transparence et de participation ?

Et puis, nous avons tout de même été entendus sur plusieurs points. Le collège a reçu favorablement les questions et propositions sur :  

  • la motion "intervention policière" ;
  • le budget participatif ;
  • la participation ;
  • le marché du matos informatique (critères éthiques).

Ce n’est pas rien tout de même !

 

Cheminer en progressant

« Celui qui sait reconnaître sagement ses erreurs peut être un grand chef », dit la fille de l'Apache Cochise dans une BD célèbre (avis aux bédéphiles amateurs de far-west). Nous n'avons bien sûr pas l'ambition de jouer les chefs (que du contraire!). Mais il y a beaucoup de leçons à tirer de cette expérience. Et on doit corriger le tir pour vraiment prendre le vent. Car il n’est pas sûr que nous aurons le cuir assez épais pour continuer ainsi longtemps. Avançons pas apaches, certes, mais cochisons aussi sans tarder pour éviter à l'avenir de buter sur les mêmes ... cailloux.

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