Assemblée ouverte du 30/09 : Compte-rendu

Le dimanche 30 septembre, nous tenions un atelier ouvert à tous pour expérimenter différents modes de prise de décision. En voici un petit compte-rendu rédigé par un membre du collectif.

Vous pouvez aussi avoir un écho d'un participant par ici.

Assemblée ouverte de Kayoux du dimanche 30 septembre 2018

 

Peu avant 14h arrivent les participants. Ils se répartissent en 5 tables. En tout, une trentaine de personnes extérieures au collectif sont présentes pour des tables allant de 8 à 10 personnes, chacune comptant un facilitateur de Kayoux. La parité homme/femme est respectée.

Etape 1 : Poser le cadre

Yves commence d’ailleurs par expliquer le déroulement de l’après-midi et le rôle du facilitateur. Comme en démocratie on part du principe qu’il faut une égalité de parole, le facilitateur va s’assurer que c’est bien le cas en faisant respecter certaines règles :

  • pas de monopolisation de la parole, le facilitateur coupera quelqu’un qui s’étendrait trop dans son propos.
  • personne ne coupe la parole d’un autre (à part le facilitateur donc)
  • tout le monde est légitime pour donner son avis (un cordonnier est expert en chaussure, mais c’est l’utilisateur qui est capable de dire si la chaussure lui convient).
  • nous sommes hors du temps, on n’importe pas des choses d’ailleurs, d’un autre contexte
  • plutôt que de dire « Je ne suis pas d’accord avec toi », dire « Je pourrais être d’accord avec toi si ».

Etape 2 : Proposer

Xavier lance alors le sujet du jour : proposer un projet dans le cadre de la convention des maires (réduire de 40 % les rejets de CO2 de la commune à moyen terme) NB : on en est loin !

Alors qu’une des participantes sort, un peu embêtée de devoir débattre en groupe et ne se sentant pas l’énergie de le faire, tout le monde se prête au jeu pendant le temps imparti (30 minutes).

On tire ensuite au sort le rapporteur du groupe : émoi dans les groupes !

Les projets qui sortent sont les suivants :

  1. Masterplan mobilité : améliorer les accès aux gares notamment les accès piétons et cyclistes, promouvoir la mobilité douce et le covoiturage, inciter l’utilisation des transports en commun via des abonnements, mise en place de vélos partagés et améliorer la sécurité des vélos, utiliser les garages vides comme parking à vélo, aménager des zones pour le stop,…
  2. Gratuité des TEC sur le territoire d’OLLN : comme cela existe en Belgique et dans différentes villes dans le monde, c’est possible et ambitieux. Des conventions peuvent être passées avec l’existant (transport scolaire,…). Tout n’est pas clair, mais une certitude est là : c’est possible et ça aura un réel impact.
  3. Personnes relais quartiers : disposer de relais pour que les gens déterminent eux même ce qu’il faut faire, avec la participation d’experts pour expliquer les aspects techniques.
  4. Repenser aménagement du territoire : changer la hiérarchie des fonctions : le piéton d’abord, puis le vélo,… comme aux Pays-Bas, les espaces pour du maraîchage, des plaines de jeux pour les enfants,… arriver au zéro déchet réellement !
  5. Alimentation : utiliser les espaces verts communaux pour faire des potagers, produire localement pour les écoles, les CPAS,…

Etape 3 : Décider

Après avoir pris connaissance de ces 5 projets, chacun est invité à voter anonymement pour un des projets, celui qu’il choisirait en priorité.

Après ce vote, un débat mouvant est organisé pour chaque projet pris séparément : où on se place dans la pièce d’un côté si on est pour, de l’autre si on est contre, et au milieu si on est partagé, certains adoptant des positions encore plus fines. A chaque fois Yves propose aux extrêmes d’expliciter leur point de vue, la parole est distribuée équitablement, et après chaque intervention ceux qui ont changé leur avis sont invités à se déplacer.
L’exercice est très dynamique et le débat s’engage avec de l’argumentation. Le projet de gratuité des TEC (numéro 2) est particulièrement clivant, et crée une grande dynamique. On entend par exemple que le coût majeur pour la commune serait l’entretien des route. Le débat mouvant concernant les personnes-relais (numéro 3) est aussi très clivant, sans doute par manque de compréhension du projet proposé.

Après ce débat mouvant très dynamique (6 minutes par projet), chacun vote à nouveau.

Les groupes se reforment alors et ont 15’ pour faire un choix qui sera communiqué par un représentant. Ce choix est l’attribution de 2 gommettes vertes et 1 gommette rouge. Les gommettes vertes sont pour soutenir un projet (+1) et la rouge pour s’y opposer (-1).

Les discussions sont très vives dans les groupes quant au choix à effectuer. Au final, le rapporteur vient coller les gommettes sur une feuille où sont repris les 5 projets.  

Après un court moment publicitaire de Clara asbl pour parler de son docu « Participe Présent », on décortique les résultats des votes :

Vote peu informé : 1 et 3 arrivent en tête avec 10 votes chacun.
Vote après débat mouvant : 2 en tête avec 11 voix
Final : 5 en tête avec 4 gommettes vertes et pas de rouge. On peut noter que 3 termine avec le plus de gommettes rouges, alors qu’il était bien classé à la première étape.

Graphique des résultats des votes
Répartition des votes suivant les 3 méthodes.

 

Qu’en retire-t-on ?

  • l’information est très importante. Le peu de temps disponible pour développer les projets et les expliquer n’a pas permis de se faire une opinion. De même, tout le monde n’a pas forcément compris les projets de la même manière. Quelqu’un propose de recommencer demain en 8h ! On propose aussi un temps pour acter que tout le monde a compris le sujet.
  • pouvoir nuancer son choix est jugé intéressant, les gommettes permettant de faire -1, +1 ou +2 pour les choix.
  • la méthode va influencer le résultat, et il est donc très important d’affiner la méthode dont cette assemblée est une expérimentation. Kayoux assume totalement le caractère expérimental de la démarche, c’est en débattant et en décidant ensemble qu’on trouvera la meilleure manière de le faire, qu’on convergera vers les bonnes méthodes. Une personne demande si Kayoux va organiser des formations pour devenir facilitateur. Si les membres sont favorables à la chose, ils insistent sur le fait que ce n’est pas si compliqué, ce n’est pas un travail d’expert ! D’ailleurs, idéalement, si on intègre les pratiques de distribution de parole égalitaire, un facilitateur n’est plus nécessaire.

Concrètement, pour le futur, Kayoux s’engage à organiser 8 assemblées populaires par an. Le rôle des porte-parole élus serait celui de « porteur de gommettes ». A côté des assemblées concernant des sujets soumis au vote lors des conseils communaux, d’autres sujets pourront émaner de l’assemblée. Dans ce cas l’interpellation citoyenne sera utilisée. La consultation populaire est l’autre outil disponible actuellement. On insiste sur le fait que le plus important n’est pas d’avoir des élus, même si avoir un élu est important pour disposer de l’information. Pour un élu, il faut environ 1000 voix, pour deux environ 1400.

 

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